Disjoncteur qui déclenche : pourquoi augmenter son calibre peut provoquer un risque d’incendie électrique

Disjoncteur électrique déclenchant en raison d’une surcharge et risque d’incendie après augmentation du calibre sans adaptation des câbles



Une installation électrique peut avoir été correctement conçue et réalisée à l’origine.

Les conducteurs peuvent avoir été dimensionnés en fonction des charges prévues, les protections correctement choisies et les circuits adaptés aux besoins du bâtiment au moment de sa construction.

Mais un bâtiment ne reste jamais figé.

Au fil des années, son utilisation évolue.

De nouveaux équipements sont installés.

Le nombre de climatiseurs augmente.

Des refroidisseurs ou des appareils de forte puissance sont ajoutés.

Les bureaux accueillent davantage d’ordinateurs, d’imprimantes, de serveurs et d’autres équipements électriques.

Dans les administrations, les établissements publics, les écoles, les hôpitaux, les ateliers, les entreprises ou les bâtiments techniques, les besoins électriques peuvent finir par devenir plusieurs fois supérieurs à ceux qui existaient lors de la conception initiale.

La question essentielle est alors la suivante :

L’installation électrique a-t-elle évolué avec les nouvelles charges ?

Ou s’est-on contenté d’ajouter de nouveaux appareils sur une installation conçue pour des besoins beaucoup plus faibles ?

C’est précisément à ce niveau que peut apparaître un risque particulièrement sérieux.

Pourquoi un disjoncteur déclenche-t-il lorsqu’on ajoute de nouvelles charges ?

Lorsqu’un disjoncteur commence à déclencher régulièrement après l’ajout de nouveaux équipements, il ne faut pas immédiatement conclure qu’il est défectueux ou trop faible.

Il peut simplement être en train de remplir sa fonction de protection.

Prenons un exemple très concret.

Une administration possède une installation électrique conçue plusieurs années auparavant.

À l’époque, le bâtiment comportait peu de climatiseurs.

Avec le temps, de nouveaux bureaux sont créés, davantage d’équipements sont installés et le nombre d’appareils de climatisation augmente.

Puis survient une période de très forte chaleur.

Les climatiseurs fonctionnent pendant de longues heures.

Des refroidisseurs supplémentaires ou des appareils mobiles sont ajoutés.

La consommation électrique augmente fortement.

Un disjoncteur commence alors à déclencher.

À ce moment précis, une erreur de raisonnement peut apparaître.

On peut entendre :

« Ce disjoncteur est trop faible. Il faut en mettre un plus gros. »

Pourtant, la bonne question n’est pas :

Comment empêcher le disjoncteur de déclencher ?

La bonne question est :

Pourquoi ce disjoncteur déclenche-t-il maintenant alors qu’il fonctionnait normalement auparavant ?

Le déclenchement peut être un signal indiquant que les conditions d’exploitation du circuit ont changé.

Il faut donc rechercher la cause avant de modifier la protection.

Le danger de remplacer un disjoncteur par un calibre supérieur

Imaginons un circuit protégé par un disjoncteur de 16 A.

Avec l’augmentation des charges, ce disjoncteur commence à déclencher régulièrement.

Une personne intervient alors et décide de le remplacer par un disjoncteur de 25 A ou de 32 A.

Après cette modification, les déclenchements cessent.

Les climatiseurs fonctionnent.

Les équipements restent alimentés.

Tout le monde pense que le problème est résolu.

Mais une question fondamentale reste sans réponse :

Les câbles électriques de ce circuit sont-ils réellement capables de supporter le courant que le nouveau disjoncteur autorise désormais ?

Si les conducteurs sont restés exactement les mêmes, il est possible que l’on ait simplement augmenté le seuil auquel la protection intervient, sans augmenter la capacité réelle du circuit.

Autrement dit :

on a augmenté le calibre du disjoncteur, mais pas nécessairement la capacité des câbles.

Le problème n’a alors pas été supprimé.

Il a seulement été rendu moins visible.

Un disjoncteur ne doit jamais être choisi indépendamment des câbles

Un disjoncteur fait partie d’un système de protection global.

Son calibre doit être cohérent avec les caractéristiques du circuit qu’il protège.

Le dimensionnement dépend notamment :

  • de la puissance des charges ;

  • du courant réellement appelé ;

  • de la section des conducteurs ;

  • du type de câble ;

  • du mode de pose ;

  • de la température ambiante ;

  • du regroupement des câbles ;

  • de la longueur des circuits ;

  • des conditions d’exploitation ;

  • des caractéristiques des appareils raccordés.

Il est donc incorrect de raisonner simplement ainsi :

« Les appareils consomment davantage, donc il faut mettre un disjoncteur plus puissant. »

Le raisonnement correct est :

« Les charges ont augmenté. Il faut vérifier si l’installation existante est encore capable de les alimenter en toute sécurité. »

Ce n’est qu’après cette étude qu’un changement de calibre du disjoncteur peut éventuellement être envisagé.

Surcharge électrique : lorsque les charges augmentent, l’installation doit évoluer

Si un bâtiment consomme aujourd’hui beaucoup plus d’électricité qu’au moment de sa construction, il est logique que certaines parties de son installation doivent être adaptées.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’il faut remplacer tous les câbles.

La solution dépend de chaque situation.

Il peut être nécessaire de :

  • créer de nouveaux circuits dédiés aux climatiseurs ou aux équipements puissants ;

  • augmenter la section de certains conducteurs ;

  • remplacer un départ devenu insuffisant ;

  • renforcer une alimentation ;

  • installer un nouveau tableau électrique ;

  • répartir autrement les charges ;

  • rééquilibrer les phases dans une installation triphasée ;

  • vérifier la capacité de l’alimentation générale du bâtiment.

Ensuite seulement, les protections doivent être adaptées à la nouvelle configuration.

La règle essentielle peut être résumée ainsi :

Lorsque les charges augmentent, il faut augmenter la capacité de l’installation avant d’augmenter le calibre du disjoncteur.

Exemple : vague de chaleur, climatiseurs et disjoncteur qui déclenche

Prenons le cas d’un établissement public.

Lors de sa construction, le bâtiment possédait un nombre limité de climatiseurs.

Les câbles, les départs électriques et les protections avaient été choisis en fonction des besoins de l’époque.

Des années plus tard, le bâtiment accueille davantage de personnel.

De nouveaux équipements sont installés.

Le nombre de climatiseurs augmente.

Puis survient une vague de chaleur importante.

Les climatiseurs fonctionnent presque en permanence.

Des refroidisseurs supplémentaires sont ajoutés.

La demande électrique augmente fortement.

Un disjoncteur commence à déclencher.

Deux façons de réagir sont alors possibles.

Mauvaise solution : augmenter immédiatement le calibre du disjoncteur

On considère que le disjoncteur est trop petit.

On le remplace par un calibre supérieur.

Les déclenchements cessent.

Mais les conducteurs, le tableau et l’alimentation en amont n’ont peut-être pas été modifiés.

Le risque peut alors avoir été déplacé vers une partie de l’installation qui n’est plus suffisamment protégée.

Bonne solution : analyser l’augmentation réelle des charges

Il faut d’abord :

mesurer les courants,

identifier les nouvelles charges,

vérifier la section des conducteurs,

examiner les conditions de pose,

contrôler les tableaux,

vérifier les protections existantes,

et étudier la capacité globale de l’alimentation.

Le résultat peut conduire à créer un nouveau circuit, remplacer certains câbles, renforcer un départ ou redistribuer les charges.

Dans certains cas, le disjoncteur qui déclenchait était parfaitement adapté à son circuit.

C’était l’utilisation du circuit qui avait changé.

La chaleur extérieure peut également aggraver les conditions de fonctionnement

Lors d’une vague de chaleur, deux phénomènes peuvent se produire simultanément.

D’un côté, les charges électriques augmentent fortement à cause des climatiseurs et des appareils de refroidissement.

De l’autre, la température ambiante augmente.

Or la capacité d’un conducteur à transporter un courant dépend aussi de ses conditions d’installation.

Un câble situé dans un environnement chaud, regroupé avec plusieurs autres câbles ou installé dans une gaine peu ventilée peut avoir des conditions thermiques moins favorables.

Ainsi, en période de forte chaleur :

la demande électrique augmente au moment même où les conditions de refroidissement des conducteurs peuvent devenir moins favorables.

Cela renforce encore l’importance d’une étude sérieuse lorsque les charges du bâtiment évoluent fortement.

Comment une surcharge électrique peut-elle contribuer à un incendie ?

Lorsqu’un courant traverse un conducteur, il produit de la chaleur.

Dans une installation correctement dimensionnée, cette élévation de température reste dans des limites acceptables.

Mais si un courant trop important circule durablement dans un conducteur qui n’a pas été prévu pour cette situation, la température peut augmenter.

Le danger n’apparaît pas nécessairement immédiatement.

Le processus peut être progressif.

Le conducteur chauffe.

L’isolant vieillit plus rapidement.

Certaines connexions deviennent des points chauds.

Les bornes peuvent se détériorer.

Des phénomènes de carbonisation peuvent apparaître.

L’isolation peut perdre progressivement ses propriétés.

Des défauts électriques ou des arcs peuvent alors se produire.

Si des matériaux combustibles se trouvent à proximité, les conditions peuvent être réunies pour le déclenchement d’un incendie.

Un incendie électrique peut donc être l’aboutissement d’une dégradation commencée plusieurs mois ou plusieurs années auparavant.

L’installation électrique initiale n’était peut-être pas mauvaise

Lorsqu’un incendie d’origine électrique se produit, il est tentant de conclure immédiatement que l’installation avait été mal conçue.

Ce n’est pas toujours le cas.

L’installation d’origine pouvait être parfaitement correcte.

Mais ensuite :

les besoins ont augmenté,

les climatiseurs se sont multipliés,

de nouveaux appareils ont été ajoutés,

des circuits ont été prolongés,

des protections ont été remplacées,

plusieurs interventions ont eu lieu au fil des années.

Après dix ou vingt ans, l’installation réellement utilisée peut être très différente de celle qui avait été conçue à l’origine.

La sécurité électrique d’un bâtiment dépend donc non seulement de sa conception initiale, mais aussi de la qualité de toutes les modifications réalisées pendant toute sa durée de vie.

Le danger des interventions réalisées sans étude technique

Changer physiquement un disjoncteur peut sembler simple.

Mais décider de modifier son calibre est une autre question.

Il faut distinguer :

savoir remplacer un disjoncteur

et

être capable de déterminer si son calibre peut être modifié sans mettre le circuit en danger.

Une personne peut savoir effectuer une intervention électrique sans être qualifiée pour recalculer la capacité d’un circuit.

Cette situation ne concerne pas uniquement les particuliers.

Elle peut également exister dans :

  • les administrations ;

  • les collectivités ;

  • les établissements publics ;

  • les écoles ;

  • les hôpitaux ;

  • les ateliers ;

  • les entreprises ;

  • les usines ;

  • les infrastructures techniques.

Sous la pression de la continuité du service, une solution rapide peut être recherchée.

Mais une solution rapide ne doit jamais consister à affaiblir la protection électrique.

La continuité du service ne doit jamais justifier une protection insuffisante

Dans un organisme public, une panne électrique peut créer une forte pression.

Les bureaux deviennent difficiles à utiliser sans climatisation.

Les employés se plaignent de la chaleur.

Certains services risquent d’être interrompus.

On demande alors aux agents de maintenance :

« Trouvez une solution rapidement. »

Cette demande est compréhensible.

Mais elle devient dangereuse si elle conduit à supprimer le symptôme au lieu de traiter la cause.

La règle devrait être claire :

La continuité du service ne justifie jamais l’affaiblissement d’une protection électrique.

Si l’installation ne peut plus alimenter les nouvelles charges en toute sécurité, il peut être nécessaire de limiter temporairement certains équipements jusqu’à la réalisation des travaux nécessaires.

Une interruption temporaire est parfois préférable à un fonctionnement permanent dans des conditions dangereuses.

Que faire lorsqu’un disjoncteur déclenche régulièrement ?

La première règle est simple :

ne pas augmenter immédiatement son calibre.

Il faut rechercher la cause.

Il convient notamment de vérifier :

  • si de nouvelles charges ont été ajoutées ;

  • si un appareil consomme anormalement ;

  • si le courant total est devenu trop élevé ;

  • si les conducteurs sont toujours adaptés ;

  • si les conditions thermiques ont changé ;

  • si des connexions sont défectueuses ;

  • si le disjoncteur lui-même présente réellement un défaut.

Si l’étude montre que les besoins ont augmenté au-delà de la capacité actuelle du circuit, il faut adapter l’installation.

On modifie d’abord le réseau.

Ensuite seulement, on adapte la protection.

Responsabilité en cas d’incendie électrique dans un organisme public

Une autre question importante se pose :

Si un incendie survient après une modification incorrecte d’un disjoncteur, qui est responsable ?

Il serait trop simpliste de répondre immédiatement :

l’électricien,

le responsable de maintenance,

ou

le directeur.

La responsabilité dépend des faits, des fonctions de chacun, des décisions prises et de ce que l’enquête permet d’établir.

Il faut notamment rechercher :

qui a détecté le problème,

qui a été informé,

qui a proposé le changement,

qui a autorisé l’intervention,

qui l’a réalisée,

si une étude technique existait,

si des avertissements avaient été formulés,

et si des travaux avaient été demandés puis reportés.

La responsabilité ne doit donc pas être attribuée automatiquement à une personne uniquement en fonction de son poste.

Elle doit être déterminée à partir des faits et du cadre juridique applicable.

Celui qui a remplacé le disjoncteur n’est pas forcément le seul responsable

Imaginons qu’un agent de maintenance ait remplacé un disjoncteur par un calibre supérieur.

Il faut savoir s’il a agi de sa propre initiative.

Ou s’il a reçu un ordre.

Ou si un responsable lui a simplement demandé de faire en sorte que le disjoncteur ne déclenche plus.

Il faut également savoir si la direction connaissait l’augmentation importante des charges.

Des demandes de travaux avaient-elles déjà été formulées ?

Le remplacement des câbles avait-il été recommandé ?

Des rapports techniques existaient-ils ?

Des travaux avaient-ils été retardés pour des raisons budgétaires ou administratives ?

Ces éléments peuvent être déterminants pour comprendre la chaîne réelle des responsabilités.

Cas où un agent modifie seul un disjoncteur

Si une personne non autorisée décide seule d’augmenter le calibre d’un disjoncteur sans étude ni validation, son intervention devient évidemment un élément important de l’enquête.

Mais une autre question doit être posée :

Comment cette modification a-t-elle pu être réalisée sans contrôle ?

Les tableaux étaient-ils librement accessibles ?

Les interventions étaient-elles enregistrées ?

Existait-il une procédure d’autorisation ?

Les calibres d’origine étaient-ils documentés ?

Une faute individuelle peut parfois révéler une faiblesse organisationnelle plus large.

Cas où la modification a été ordonnée par un responsable

Un agent peut avoir réalisé l’intervention sur instruction d’un supérieur.

Dans ce cas, il faut examiner :

qui a pris la décision,

sur quelle base technique,

si cette personne était compétente pour prendre cette décision,

si une étude avait été réalisée,

et si l’objectif était réellement de sécuriser l’installation ou simplement d’éviter les déclenchements.

La personne qui tient le tournevis n’est pas nécessairement la seule personne impliquée dans la décision.

Cas où le service technique avait déjà signalé la surcharge

Supposons que le responsable technique ait constaté que les charges avaient fortement augmenté.

Il rédige un rapport.

Il demande la création de nouveaux circuits.

Il recommande le remplacement de certains câbles.

Il signale que les disjoncteurs déclenchent régulièrement.

Mais les travaux sont retardés.

Puis un incendie se produit.

Dans cette situation, les documents deviennent essentiels.

Rapports techniques.

Courriers.

Demandes de travaux.

Bons d’intervention.

Mesures électriques.

Procès-verbaux.

Demandes budgétaires.

Ces documents permettent de déterminer :

qui connaissait le risque,

qui l’a signalé,

qui a reçu l’information,

et quelles décisions ont été prises.

La traçabilité est donc essentielle pour la prévention, mais aussi pour déterminer les responsabilités après un accident.

Cas où les travaux sont confiés à une entreprise extérieure

Un organisme peut confier ses travaux électriques à une entreprise externe.

Cela ne signifie pas automatiquement que toute responsabilité est transférée au prestataire.

Il faut vérifier :

ce qui lui a été demandé,

les spécifications techniques,

les travaux réellement réalisés,

les contrôles effectués,

la réception des travaux,

et les personnes ayant validé la modification.

La responsabilité peut dépendre à la fois de la qualité de l’intervention du prestataire et des procédures de contrôle de l’organisme.

La responsabilité peut être partagée

De nombreux accidents ne résultent pas d’une seule erreur.

Ils peuvent être le résultat d’une succession de décisions :

les charges augmentent,

aucune étude n’est réalisée,

les disjoncteurs commencent à déclencher,

les alertes sont minimisées,

une solution rapide est demandée,

un calibre supérieur est installé,

la modification n’est pas documentée,

les charges continuent d’augmenter,

puis un incendie se produit.

Dans une telle situation, plusieurs responsabilités peuvent être examinées selon les faits et la législation applicable.

Il faut donc éviter de chercher immédiatement un seul coupable avant d’avoir reconstitué toute la chaîne de l’événement.

Après un incendie électrique, il faut rechercher la cause profonde

Une enquête ne devrait pas s’arrêter à une conclusion générale comme :

« incendie d’origine électrique »

ou

« court-circuit ».

Il faut aller plus loin.

Quelle était la conception initiale du circuit ?

Quels équipements ont été ajoutés ?

Quand les déclenchements ont-ils commencé ?

Quel était le calibre d’origine ?

A-t-il été modifié ?

Les câbles ont-ils été modifiés en même temps ?

Qui a demandé l’intervention ?

Existe-t-il des documents ?

Des alertes avaient-elles été émises ?

Des travaux avaient-ils été recommandés ?

Ont-ils été réalisés ?

La véritable question n’est pas seulement :

où le feu a-t-il commencé ?

Mais aussi :

quelle succession de décisions ou d’omissions a permis à cette situation de devenir dangereuse ?

Solution : interdire toute augmentation de calibre sans justification technique

Une mesure simple peut éviter de nombreuses interventions dangereuses :

Aucun disjoncteur ne devrait voir son calibre augmenté sans justification technique documentée.

Toute modification importante devrait laisser une trace.

Il faudrait notamment enregistrer :

  • la date ;

  • le motif de l’intervention ;

  • l’ancien calibre ;

  • le nouveau calibre ;

  • la section des conducteurs ;

  • la charge concernée ;

  • les mesures effectuées ;

  • la personne ayant réalisé l’étude ;

  • la personne ayant validé la modification ;

  • l’entreprise ou l’agent ayant exécuté les travaux.

Cette procédure n’est pas une bureaucratie inutile.

Elle protège :

l’installation,

les utilisateurs,

les techniciens,

les responsables,

et l’organisme lui-même.

Mettre en place un registre des modifications électriques

Dans les bâtiments importants, il serait utile de créer un registre des modifications électriques.

Toute modification concernant :

  • un disjoncteur ;

  • un câble ;

  • un départ ;

  • un tableau ;

  • une alimentation ;

  • ou l’ajout d’un équipement de forte puissance,

devrait être enregistrée.

Ainsi, plusieurs années plus tard, il sera toujours possible de savoir pourquoi un disjoncteur donné a été installé et sur quelle base technique son calibre a été choisi.

Une protection électrique ne devrait jamais devenir un chiffre dont plus personne ne connaît l’origine.

L’ajout de climatiseurs ou de gros équipements doit être considéré comme un projet électrique

Installer plusieurs climatiseurs ou de gros refroidisseurs n’est pas simplement un achat d’équipements.

C’est une modification du bilan électrique du bâtiment.

Chaque appareil demande une puissance supplémentaire.

Cette puissance doit être transportée à travers :

l’alimentation générale,

les tableaux électriques,

les protections,

les câbles,

les connexions,

jusqu’au nouvel appareil.

Toute augmentation importante des charges devrait donc être traitée comme un véritable projet électrique.

Il faut étudier la capacité de l’installation avant de multiplier les équipements.

Changer la culture de la maintenance électrique

Lorsqu’un disjoncteur déclenche régulièrement, on entend parfois :

« Le disjoncteur est trop petit. »

Il serait plus utile de poser cette question :

« Qu’est-ce qui a changé dans le circuit pour que la protection commence à déclencher ? »

Cette différence de formulation change complètement la logique de la maintenance.

Dans le premier cas, on cherche à empêcher le déclenchement.

Dans le second, on cherche la cause.

Et en matière de sécurité électrique, rechercher la cause est toujours plus important que supprimer le symptôme.

Un disjoncteur qui déclenche peut être le dernier élément qui protège encore l’installation

On peut comparer cette situation à une alarme incendie.

Si une alarme se déclenche parce qu’elle détecte de la fumée, personne ne devrait retirer sa batterie uniquement pour retrouver le silence.

Il faut rechercher l’origine de la fumée.

De la même manière, lorsqu’un disjoncteur déclenche régulièrement, il ne faut pas commencer par augmenter son calibre.

Il faut comprendre pourquoi il déclenche.

Après étude, un calibre supérieur peut parfois être justifié.

Mais il doit être la conséquence d’un nouveau dimensionnement de l’installation.

Jamais un simple moyen d’empêcher les coupures.

Conclusion

Une installation électrique peut avoir été correctement conçue à l’origine.

Puis les années passent.

Les besoins augmentent.

Les climatiseurs se multiplient.

De nouveaux refroidisseurs apparaissent.

Les équipements deviennent plus nombreux et plus puissants.

Mais les câbles, les départs et les tableaux restent parfois identiques.

Un jour, un disjoncteur commence à déclencher.

À ce moment précis, deux choix sont possibles.

Le premier consiste à dire :

« Mettons un disjoncteur plus gros pour qu’il ne déclenche plus. »

Le second consiste à dire :

« Les charges ont changé. Vérifions si l’installation est toujours adaptée. »

Le premier choix peut faire disparaître le symptôme.

Le second traite la cause.

La règle à retenir est simple :

Lorsque les charges augmentent, on adapte d’abord l’installation avant d’augmenter le calibre de la protection.

Cela peut nécessiter :

le remplacement de certains conducteurs,

la création de nouveaux circuits,

le renforcement des départs,

la redistribution des charges,

la modification des tableaux,

ou la révision de l’alimentation générale.

Ensuite seulement, les protections sont adaptées.

Et si un incendie se produit, il ne suffit pas de demander :

Qui a changé le disjoncteur ?

Il faut également demander :

Qui a autorisé cette modification ?

Qui savait que les charges avaient augmenté ?

Qui avait été alerté ?

Qui devait décider des travaux ?

Quelles mesures avaient été prises ou reportées ?

La sécurité électrique n’est donc pas seulement une affaire de câbles et de disjoncteurs.

Elle dépend aussi de la compétence, de la traçabilité, de l’organisation et de la responsabilité.

Car le but de la maintenance n’est pas simplement de faire fonctionner les équipements.

Le véritable objectif est :

Faire fonctionner les équipements sans perdre la protection qui rend l’installation sûre.


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