Shihlin (SEEC Automation) : comprendre et construire une petite architecture d’automatisation (étudiants & débutants)

Introduction

Quand on débute en automatisme, on pense souvent que tout système industriel doit obligatoirement contenir un PLC (API) « classique ». En réalité, dans beaucoup d’applications centrées autour d’un moteur (pompage, ventilation, convoyeur, mélangeur), on peut apprendre et réaliser un système complet avec une architecture très pédagogique :

  • un variateur de vitesse (VFD / AC Drive) pour piloter le moteur,

  • une IHM (HMI) pour afficher et régler,

  • et une logique de commande (parfois externe, parfois intégrée au variateur selon la série).

L’idée de cet article est de donner une vision claire, orientée terrain, de ce que l’on peut faire avec l’écosystème Shihlin (SEEC Automation), et comment un étudiant peut structurer un miniprojet « propre » sans se perdre dans la complexité.

1) Les notions indispensables 

1.1 Le variateur (VFD) : le « driver » du moteur

Le variateur est l’équipement qui :

  • démarre et arrête le moteur,

  • ajuste la vitesse (fréquence),

  • gère les rampes d’accélération/décélération,

  • déclenche des protections et alarmes (surintensité, surchauffe, etc. selon modèle),

  • peut échanger des informations via communication industrielle.

Dans un atelier ou un TP, c’est l’élément le plus concret : on voit directement l’effet sur le moteur.

1.2 L’IHM (HMI) : l’interface opérateur

L’IHM sert à :

  • afficher l’état du système (marche/arrêt, défaut, vitesse, courant),

  • modifier la consigne de vitesse,

  • choisir un mode (Auto / Manu),

  • confirmer ou réinitialiser des alarmes.

Pour apprendre correctement, l’IHM est très utile : elle force à organiser l’information (ce qui est important pour l’opérateur, ce qui est « paramètre », ce qui est “alarme”, etc.).

1.3 La logique (PLC/API) : les « règles » et la séquence

La logique est ce qui transforme un ensemble d’entrées (boutons, capteurs) en décisions :

  • permissifs (sécurités, conditions avant démarrage),

  • séquences (étapes, temporisations),

  • modes Auto/Manu,

  • gestion des défauts (mémorisation, reset).

Dans certains systèmes, cette logique est faite par un PLC externe. Dans d’autres (surtout petits systèmes), la logique peut être intégrée au variateur si le modèle le permet.

2) Pourquoi Shihlin est intéressant pour apprendre

L’écosystème Shihlin/SEEC Automation est souvent présenté autour de :

  • variateurs (VFD),

  • IHM,

  • (et selon le besoin) servo/contrôle température.

Pour un étudiant, l’intérêt est d’avoir une approche « système » : on peut concevoir une petite installation cohérente, où chaque appareil a un rôle clair.

3) Deux architectures simples (niveau TP)

Architecture A :  IHM + variateur (le plus simple)

  • L’IHM envoie les commandes basiques : marche/arrêt, consigne de vitesse.

  • Le variateur renvoie : état, vitesse, défaut.

Avantages

  • rapide à mettre en route,

  • très accessible pour débutants.

Limites

  • la logique « intelligente » (séquences, conditions multiples) reste limitée si on n’ajoute pas un contrôleur logique.

Architecture B : IHM + variateur avec logique intégrée (très pédagogique)

  • La logique (type Ladder/steps) gère les règles (Auto/Manu, temporisations, alarmes).

  • L’IHM sert d’interface propre et lisible.

  • Le variateur pilote le moteur.

Avantages

  • excellente pour apprendre le raisonnement « automatisme » avec peu de matériel,

  • on pratique : logique + supervision + commande moteur.

Point important

  • quand on active la logique intégrée, il faut être cohérent sur “qui commande quoi” (source de marche/arrêt, consigne, etc.). C’est justement un bon apprentissage : éviter les commandes contradictoires.

4) Mini-projet recommandé (facile et très formateur)

Projet : “Pompe” ou “Ventilateur” avec Auto/Manu + alarmes

Entrées (exemples)

  • bouton Marche

  • bouton Stop

  • sélecteur Auto/Manu

  • capteur “niveau bas” (ou pressostat bas) : protection manque d’eau / manque de charge

  • capteur “niveau haut” (ou pressostat haut) : arrêt ou limite

Sorties / actions

  • commande de marche du variateur

  • consigne vitesse (fixe ou réglable via IHM)

  • voyant marche

  • voyant défaut / alarme

Logique (principe, expliqué simplement)

  1. Stop ou défaut actif ⇒ moteur arrêté

  2. Mode Manu ⇒ marche uniquement si l’opérateur demande, mais protections toujours actives

  3. Mode Auto ⇒ démarrage si conditions OK, arrêt si niveau/pression atteints, arrêt + alarme si manque d’eau / défaut

  4. Un reset efface l’alarme si la condition redevient normale

Ce projet apprend :

  • les permissifs,

  • les états Auto/Manu,

  • la gestion d’un défaut “bloquant”,

  • et une IHM claire.

5) erreurs classiques

5.1 La priorité de commande

Dans un système réel, on doit décider :

  • qui donne l’ordre de marche ? (IHM ? bornier ? logique interne ?)

  • qui donne la consigne ? (IHM ? valeur fixe ? analogique ?)

Un système « propre » a une source principale et des règles de priorité simples.

5.2 Communication ≠ magie

La communication industrielle (souvent RS-485) marche très bien, mais seulement si :

  • l’adresse est correcte,

  • la vitesse de communication est identique,

  • la configuration est cohérente sur tous les équipements.

C’est un bon exercice : diagnostiquer une com, c’est une compétence très recherchée.

5.3 Une alarme doit être claire

Une alarme utile = un message lisible + une action :

  • “Niveau bas : manque d’eau — vérifier l’alimentation”

  • “Surintensité : charge élevée — vérifier mécanique”

Dans un TP, apprenons à éviter “Erreur 1 / Erreur 2” sans signification.

6) Glossaire (pour débutants)

  • VFD / Variateur : commande un moteur AC (vitesse, rampes, protections).

  • IHM / HMI : écran opérateur (affichage + réglages).

  • PLC / API : logique programmable (séquences, temporisations).

  • DI/DO : entrées/sorties digitales (0/1).

  • AI/AO : entrées/sorties analogiques (ex. 0–10 V ou 4–20 mA).

  • RS-485 : liaison série industrielle robuste.

  • Modbus RTU : protocole très courant sur RS-485.

  • Auto/Manu : deux modes d’exploitation, avec règles de priorité.

Conclusion

Pour les étudiants et débutants, l’approche la plus efficace est de construire progressivement :

  1. commander un moteur via variateur,

  2. superviser et paramétrer via IHM,

  3. ajouter une logique (externe ou intégrée selon le matériel) pour rendre le système « intelligent ».

Avec une architecture simple et bien structurée, on apprend les vrais réflexes industriels : sécurité, priorité de commande, clarté des alarmes, et méthodologie de mise en service.

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